Pour commencer cette nouvelle année en beauté, nous avons interviewé Adrien Billot, passionné par la création artistique et dont le travail varié nous a séduit.
Bonjour Adrien, tout d’abord, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Originaire de l’Essonne, en région parisienne, je suis diplômé d’une grande école d’ingénieur, et j’ai vécu les 5 dernières années à Paris où j’ai travaillé dans le conseil. J’ai aujourd’hui 30 ans, et je vis depuis peu à Toulouse avec ma petite famille.
Comment est venue l’idée de la photographie et qu’est ce qui vous a attiré dans cet art ?
Je fais de la musique depuis plus de 15 ans, c’est un besoin d’expression artistique que j’ai toujours eu. Si j’ai depuis très longtemps le goût de la photographie, c’est en 2006 que ma passion est réellement née, alors que je préparais mon voyage de noce en Tanzanie. Le virus m’a pris très vite, favorisé à la fois par ma baisse de production musicale et mon besoin toujours présent d’expression artistique, et encouragé par des amis photographes passionnés. J’en suis venu à créer ma micro-entreprise au début de l’année 2007, afin d’entrer progressivement dans le monde de la photographie professionnelle sans pour autant prendre un risque financier en arrêtant ma carrière dans le conseil ; aujourd’hui, la photographie occupe enfin tout mon temps.
Ce qui m’a attiré dans la photographie ? Figer l’instant, et transmettre mes émotions, ma vision, de cet instant.
De quelle manière choisissez-vous vos sujets ? Comment les idées viennent elles à vous ? Que préférez-vous photographier ? Par exemple, y’a-t-il une façon différente de se préparer pour de la photo reportage (CF Toulouse manifestation) ou bien pour des photos de paysage ou bien même de mariage ?
Je ne fais pas – ou pas encore – partie de ces photographes qui suivent une idée ou un sujet clairement défini pendant des années pour le fouiller à fond : je n’ai pas de « projet » artistique. Jusqu’ici ce sont plutôt les sujets qui sont venus à moi, et ils ont été nombreux, car je teste beaucoup, j’essaie tout, et je regarde systématiquement autour de moi en imaginant la photo que je ferais. J’ai cependant une constante, une préférence : le reportage, car je privilégie l’approche spontanée et discrète qu’il impose, que ce soit en voyage, au cours d’un mariage, ou d’une manifestation. Pour cette raison, je ne pratique pas le studio : mes portraits sont toujours pris sur le vif, sans pose prolongée ni artificielle, avec le minimum de lumière d’appoint. Une lumière naturelle est tellement belle dans un regard ! Quelque soit le reportage, la préparation du matériel et le repérage (ne serait-ce que par internet) est indispensable, mais ne remplace pas l’improvisation et l’adaptation face à l’imprévu.

Préférez-vous le noir & blanc ou la couleur ? Et pourquoi ?
Je n’ai pas de préférence à priori, tout dépendra de ma photo. C’est lors du développement que mon inspiration me guidera vers un traitement noir & blanc, un virage coloré, ou une couleur naturelle, contrastée, ou encore de-saturée. Il m’arrive cependant d’avoir ma petite idée dès la prise de vue, par exemple si la lumière et les couleurs sont particulièrement à l’honneur, ou à l’inverse si le ciel est bouché et mon sujet terne en soit.
Comment abordez-vous la retouche photo ? Est-ce une question de sensibilité ?
Oui sans aucun doute : deux personnes ne retoucheront jamais la même photo de la même manière. J’ai mes « trucs », qui me plaisent, et me caractérisent. Tous mes clichés, RAW numériques ou négatifs scannés, passent dans mon flux de tri et de développement. Outre les classiques recadrages, réglages des balances & niveaux, je m’autorise des retouches locales pour rattraper des zones brulées, ou déboucher des ombres, mais jamais de retouches « lourdes », tel que le remplacement d’un ciel, ou la suppression d’un personnage. Si je ne voulais pas de ce ciel ou de ce personnage sur ma photo, je ne l’aurais tout simplement pas prise. En fin de compte, mon approche de la retouche est très proche du développement argentique (que je pratique également).
Avec quel type de matériel travaillez-vous ?
J’utilise la plupart du temps un reflex numérique plein format, parfaitement adapté à mes besoins pour mes reportages et autres commandes de portraits et d’illustrations. J’ai également dans mon sac un reflex argentique, et un moyen-format argentique (avec des films Portra 160 pour la couleur, Neopan 100 pour le noir & blanc) : c’est un format que j’aime beaucoup pour les portraits et l’architecture, je crois d’ailleurs que ça se voit dans mes nombreux recadrages carrés de mes images numériques. Enfin j’utilise parfois d’autres appareils, plus ou moins exotiques, anciens et originaux, pour mes expériences.
Quels sont les avantages pour vous du numérique ? Ou les inconvénients ?
Incontestablement, la démocratisation du reflex numérique et les fabuleux progrès technologiques de ces dernières années en font une « arme absolue », qui permet de prendre d’avantage de risques, de se corriger immédiatement à la visualisation de son image et de l’histogramme, de monter facilement dans les très hautes sensibilités sans dégrader la qualité, et de réduire considérablement les délais de la prise de vue à la livraison. Et les résolutions offertes par les capteurs de dernière génération laissent toute latitude pour les recadrages et les tirages grands formats. L’argentique garde pour lui la magie de la pellicule et de son développement, le plaisir mécanique, et surtout la dynamique plus étendue par rapport aux capteurs numériques (surtout dans les hautes lumières).
Le piège du numérique, qu’il faut éviter à tout prix, est lié à sa facilité : déclencher à outrance, en rafale, sans prendre le temps de construire sa photo, de viser, de cadrer ; le photographe se retrouve alors submergé de clichés qu’il doit passer un temps considérable à trier, traiter, archiver, et les déchets sont importants. Ou alors les fichiers sont trop nombreux pour être tous exploités ou même visionnés. Personnellement, je pense avoir bien plus appris avec un appareil argentique et une focale fixe – ou avec une approche argentique du numérique.
Que pensez-vous de l’impression de photos sur toile ? Avez-vous déjà essayé et pourquoi recommanderiez vous cette nouvelle tendance ?
J’ai justement fait récemment l’expérience d’un grand tirage sur toile 80cm x 80cm monté sur un châssis afin de décorer une chambre d’enfant : j’ai été séduit par la qualité et le rendu de ce support original, au point que je le conseille désormais avec mon autre support de prédilection : l’aluminium.
