Ce mois ci, nous avons découvert pour vous Philippe Fouchard et nous avons eu envie d’en savoir un peu plus sur lui, son travail, ses passions et comment il aborde la photographie.
Bonjour Philippe, tout d’abord, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Rester dans le couloir de mes rêves… Souvent, je me dis voyageur-photographe, car j’ai un besoin inépuisable de découvrir de nouveaux paysages et de rencontrer de nouveaux êtres humains. J’ai partagé ma vie entre la France et l’Indonésie, publié un livre de photos, réalisé des reportages pour agence. Je travaille maintenant comme cadre-manager dans une société internationale. Je suis marié avec une indonésienne, et par mes photos, je continue mon travail d’informations et de découvertes de ce pays.
Le fait de travailler dans le journalisme et d’être diplômé des arts a-t-il favorisé votre conversion dans la photographie ? Pourquoi cette passion pour la photo, qu’est ce qui vous anime
Non, je ne me considère pas comme journaliste, je n’écris que dans les moments difficiles pour extérioriser ce que j’ai retranscris sur mes photos. J’ai travaillé avec des photojournalistes dans le cadre du tremblement de terre de l’île de Nias en 2005 et j’ai des amis qui sont dans ce milieu. Ma passion est venue, je pense, comme celle d’un écrivain ou d’un peintre. Pour retranscrire une scène, un homme, un paysage. Il y a longtemps, comme tout le monde, avec un polaroid et un jetable. Ensuite, le rêve de devenir professionnel, mais la vie en décide autrement. Les priorités changent, comme fonder une famille et avoir un bon salaire, un bon job et tutti quanti.
Il existe en chacun de nous une partie “artiste”, quoique je n’aime pas ce mot. Par contre, le saut à faire est difficile, car les métiers d’art ne font pas vivre, excepté quelques talentueux et privilégiés. Il faut surtout avoir envie de vivre sa passion. Je pense qu’il faut être un fou, aimer les galères et faire ressortir de son soi intérieur l’envie.
Vous faites principalement des clichés en Indonésie et vous avez également fait de la photo reportage. Dans ce type de photo, on marche beaucoup à l’impulsion ou bien avez-vous déjà des idées précises dans la tête ? Comment fonctionne la photo reportage et dans quel état d’esprit se situe-t-on ?
La photo reportage est difficile, il faut aller vite, et à la fois maîtriser la technique… ce qui est normal! Je suis plus un photographe de témoignage avant tout. Et puis, à quelques centimètres d’un visage pour réaliser un portrait, il faut vivre avec la personne pour qu’elle oublie votre objectif. Une scène de vie ordinaire, un autochtone qui vous emmène dans un lieu jamais vu, une lumière à travers une fenêtre, le sourire d’un enfant et je shoote. C’est l’excitation du photographe, l’oubli de la réalité sur terre, le bonheur derrière son viseur. Je suis toujours aller au gré des rencontres, jamais je me suis posé une question sur le danger. C’est ma vision de la photographie.
Préférez-vous le noir & blanc ou la couleur ? Et pourquoi ?
J’aime bien les images en noir et blanc. Mais mes photos sont principalement dans les pays où la couleur est reine : mer bleue, jungle verte, ciel azur… Et puis, comme vous pouvez le voir sur mon site internet www.fouchardphotographe.com, COULEURS DE LA FÊTE, un reportage où J’ai voulu montrer par mes photographies, un angle rarement vu jusqu’à présent chez les gays, travestis, transsexuels, hommes ou femmes. Une vision colorée, de lumière et des prises de vues inhabituelles, un peu le même sujet sur LE MONDE DE LA NUIT à Bali en Indonésie. Donc, j’ai opté pour la couleur et jamais je ne transforme une image prise en couleur par le noir et blanc. C’est une tromperie pour moi car le noir et blanc est très difficile à maîtriser.
À mes débuts, j’ai sorti avec un ami un petit livre intitulé PASSION, de photos noir et blanc. Mais depuis, je n’ai pas recommencé.
Est-ce que vous retouchez vos photos ? A quoi cela vous sert-il ?
Je travaille sur Macintosh, avec un logiciel de retouche d’images, quelques recadrages, dépoussiérage et corrections colorimétriques générales. Je ne ne « bidouille »jamais mes photos.
Avec quel type de matériel travaillez-vous ?
Un NIKON F100, avec toujours un pellicule dans mon boîtier, un NIKON D90 numérique, un NIKON FM en secours, et deux objectifs, un 20 mm et un 85 mm.
Travaillez-vous avec un réflex ou un numérique ? Y’a-t-il un avantage à travailler en numérique selon vous ?
Je n’ai commencé la photo en numérique qu’il y a un an maintenant. On ne remplacera pas la philosophie de la photographie en argentique. Malheureusement, nous n’avons plus de matériel et j’ai fait comme les autres. Quand on prend une photo en argentique, on la pense, on cadre, on réfléchit alors qu’en numérique on shoote, on regarde le petit écran derrière et on recommence. Découvrir sa photo un mois plus tard sur la table lumineuse, quelle magie ! Ceci dit, le numérique est très pratique dans beaucoup de situation, surtout pour des reportages très instantanés. Il faut aussi avoir derrière du matériel.
Que pensez-vous de l’impression de photos sur toile ? Avez-vous déjà essayé et pourquoi recommanderiez vous cette nouvelle tendance ?
Je ne connais pas la photo sur toile mais j’ai bien envie de me pencher sur le sujet pour une éventuelle exposition. Je cherche depuis des années à montrer mes photos sur une autre support que le papier, aluminium, bois… La toile est une formidable matière. A voir pour l’avenir.









